Voici une quinzaine d’années, Hypernuit, monument de folk intimiste, imposait Bertrand Belin comme un fascinant cousin de Bill Callahan. Une comparaison élogieuse, mais un peu étroite pour ce musicien voyageur, toujours prêt à déplacer les lignes. Avec sa voix grave et enveloppante, le Breton s’est construit un territoire singulier, entre chanson, spoken word et échappées expérimentales. Romancier, acteur pour Blandine Lenoir, Valé rie Donzelli ou les Frères Larrieu, il malaxe les mots jusqu’au vertige, parfois dans un esprit proche de Charles Pennequin. Solitaire et partageur (on l’a aperçu avec Gaëtan Roussel, The Limiñanas, Rodolphe Burger ou Vanessa Paradis, entre autres), le ténébreux nourrit ses disques de ses multiples rencontres. Son dernier album, Watt, en apporte une nouvelle preuve, mêlant trip-hop, pulsations électroniques, jazz et chanson oblique dans un même souffle hypnotique.
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